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L'Homme & la Société : jeux de miroirs 1/3

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Débat sans fin, l’Homme peut-il changer la société ou est-ce la société qui change l’Homme. Débat qui anime les penseurs depuis des siècles. J’ai un temps penché pour un modèle et en vieillissant, en approfondissant ma réflexion je suis arrivé à la conclusion que nous avions à faire à des jeux de miroirs. Nous sommes individuellement responsables et en interaction avec les autres individus et la société. Nous sommes responsables mais seul notre impact est extrêmement limité. Nous sommes responsables mais seulement pour ce qui dépend de nous. Nous devons lâcher prise sur ce qui ne dépend pas de nous mais nous ne devons pas renoncer. Ses jeux de miroirs me semblent une opportunité pour mieux nous comprendre, pour changer, pour changer la société. En pensant à cette question me revient une histoire que je veux partager avec vous.

Il s’agit d’un conte de Don Juan Manuel extrait du « livre du comte Lucanor » que j’ai découvert en lisant « Laisse-moi te raconter… les chemins de la vie » de Jorge Bucay, livre que je vous recommande vivement et dont je reparlerais très certainement. Revenons au conte.

Le conte se passe dans un royaume couvert de vigne et connu pour la qualité de son vin. Grâce à la qualité du vin chacun vivez bien et le monarque était à l’image de son royaume, bon et généreux. Aussi, un jour ce dernier décide de supprimer les impôts pour les remplacer par une contribution de chacun de sujets : une fois par an, à l’époque de la mise en bouteille du vin, le roi demanderait à chacun de ses sujets d’apporter un litre de son meilleur vin. Cette mise en commun de ce que chacun avait de mieux devait permettre de produire le meilleur des vins et ainsi de financer les besoins du royaume. Tous louèrent la sagesse du roi et l’esprit civique était la juste rétribution du geste du roi.

Le jour de la contribution, tous arrivèrent tôt le matin pour apporter leur vin et participer à la fête. Après que chacun ait vidé son pichet dans le tonneau, le roi pour rendre hommage à son peuple, à leur travail, à leur contribution et à l’amour du peuple, bu à leur santé la première coupe de ce nectar. Le vin n’avait pas le goût du vin. Le nectar c’était transformer en eau ! Le roi fit appel à tous les sages du royaume pour comprendre comment la mise en commun du meilleur de chacun pouvait donner un tel résultat. Son plus vieux Ministre lui dit alors : « Miracle ? Sortilège ? Alchimie ? Rien de tout cela, seigneur, rien de tout cela. Vos sujets sont des humains, Majesté. Voilà tout. » Le roi de ne comprenant pas, le Ministre ajoute : « Prenons le cas de Juan, par exemple, ce matin, alors qu’il préparait sa famille pour descendre à la ville, une idée lui a traversé l’esprit. Et si on mettait de l’eau au lieu du vin ? Qui noterait la différence ? Un seul pichet d’eau dans quinze mille litre de vin : personne ne ferait la différence ! Et personne ne l’aurait remarqué, à un détail près : Tous ont eu la même idée ! »

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3 comments to L’Homme & la Société : jeux de miroirs 1/3

  • Tanakia

    Il me semble que tu poses la question du lien entre la responsabilité individuelle (et collective) et interdépendance. C’’st un sujet très très travaillé par les bouddhistes qui ont l’avantage, pour moi, de ne pas être enfermé dans l’approche cartésienne qui pose un JE absolu (et l’égo qui va avec). Bref, je t’invite à lire des extraits (il suffit de blogger) de La Paix Mondiale – Une approche humaine du Dalai Lama.
    Pour lui, la paix (mondiale) s’articule autour de 4 axes, je n’en cite ici volontairement que deux :
    1) résoudre les problèmes de notre planète passe par une transformation des attitudes humaines
    3) s’appuyer sur l’éthique, peu importe les croyances religieuses
    4) chacun de nous est responsable de la promotion d’institutions qui répondent aux besoins de l’humanité et des attitudes solidaires…

    Et je te conseille aussi de lire l’article du Lama Denys sur L’interdépendance : un principe universel.

  • Fred Le Zèbre

    Tanakia –) Merci pour cet éclairage. Je partage ton point de vu sur l’approche cartésienne. Descartes est sans doute responsable d’un grand nombre de maux de nos sociétés occidentales.
    Plus j’avance dans mes réflexions plus je pense que l’approche des Bouddhistes est la bonne même si je n’en ai qu’une connaissance limités.
    De belles lectures en perspective

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