Trouver son chemin

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L’un de mes premiers achats à Bangalore a été un plan détaillé afin de pouvoir me repérer lors de mes déplacements dans la ville. Réflexe bien occidental et moyennant utile. Expérience.

J’ai passé ma journée de samedi à rechercher un logement. Je suis parti avec l’agent immobilier et mon plan. Première visite, je demande à mon guide de me dire le nom de la rue dans laquelle nous nous trouvons. Il me donne un nom, je cherche dans l’index, rien ! Il me donne alors un second nom. Pas étonnant car, en Inde, les rues peuvent avoir plusieurs noms. Un peu comme chez nous quand on a changé le nom d’une rue, mais ici c’est quasi-systématique. En plus, il y a le nom et le « surnom » : les bengalis ne disent pas Mahatma Gandhi Road mais MG Road. Manhattan avec ses rues toutes parallèles et des chiffres à la place des noms est beaucoup plus sécurisant pour un étranger, mais ça manque de poésie.

Ayant renoncé à trouver moi-même la rue, je passe mon plan à mon guide. Il prend le plan sans grande conviction. Il cherche, il peine. Je comprends que ce n’est pas un exercice qu’il a l’habitude de faire, il se déplace sans avoir recours à un plan. Les indiens se débrouillent sans plan, soit ils connaissent soit ils demandent. C’est beaucoup plus efficace, surtout dans une ville qui change, mais quand vous arrivez vous êtes un peu perdu.

Le plan est toutefois utile pour se promener dans la ville car il permet, quand on sait où on est, de suivre un itinéraire. Mais attention de ne pas perdre son chemin. L’autre méthode c’est de faire comme les chats et découvrir la ville par cercles concentriques en mémorisant des points de repère. Les indiens ont peut-être été chat dans une de leurs vies.

En rédigeant ce billet, dans un esprit ludique, m’est venu à l’esprit la question suivante : n’en est-il pas de même de la vie ?

4 comments to Trouver son chemin

  • Michel-Ange

    Ce n’est pas d’acheter un plan qui est occidental, c’est de l’utiliser !
    Bon, je ne suis peut-être pas clair.
    Ce n’est pas d’acheter un plan qui est occidental, c’est de lui faire confiance !
    C’est peut-être mieux.
    En clair : un plan, ce n’est jamais qu’une vue d’oiseau. Une photographie aérienne tiendrait le même rôle, sauf que ce n’est jamais aussi clair. C’est une façon d’embrasser du regard, c’est tout !
    Les noms de rue… pauvre de toi ! sais-tu combien de facteurs sont chaque année internés à l’asile d’aliénés dans ces pays-là ?! moi non plus, note bien…
    Mais le plan a quand même une utilité. Prends-le avec toi : quand tu auras une sorte de temple à ta droite, un genre de parc à ta gauche et une espèce de rivière devant toi, tu n’auras qu’à te référer au plan pour savoir qu’aller tout droit est encore la meilleure façon de mouiller tes chaussettes. Tu me diras qu’il y avait d’autres moyens moins encombrants de t’en rendre compte, et tu auras raison.
    Ajoutes-y une boussole. Une boussole made in China, pour faire bonne mesure. Quand tu auras le malheur de te trouver devant une grande avenue, tu n’auras qu’à aligner les deux pour savoir quelle venelle emprunter pour rejoindre la sécurité des ruelles.
    Cela étant, c’est vrai que faire du plan un usage strictement cartographique reste une drôle de manie : tu peux aussi t’en servir comme parapluie, parasol, visière de soleil et, par dessus-tout, signalisation ambulante de ton état d’étranger…
    Oh, et puis finalement, tu as peut-être raison : laisse-le au tiroir, ce sera peut-être mieux…

  • Si je comprends bien, la proposition de l’inde c’est de découvrir et mémoriser la ville par les sens, pas par la tête… Singulier apprentissage !

  • La fourmi

    Réflexe d’oocidental c’est sûr et certain mais n’oublions pas qu’il existe des pays en Occident qui fonctionnent encore ainsi: Chypre.Lorsque nous y sommes allés l’an passé, nous avions bien évidemment un plan achété en France mais il n’y a pas de plaques de rue !!!!!!!!!!!!!!!!!!Voilà une société insulaire qui fonctionne avec l’oral et la solidarité de l’aide à celui qui cherche. C’est une découverte intéressante, n’est-ce pas ?

  • Fred Le Zèbre

    @ Michel-Ange : Le plan est une béquille, il rassure celui qui l’utilise, il permet de ne pas se tromper, de ne pas avoir besoin d’aide, d’avoir l’impression de tout contrôler. Le plan symbolise notre besoin de contrôle. Tu as raison, quand on est étranger dans une nouvelle ville on se sent très handicapé et il vaut mieux emporter ses béquilles. Mais après il faut les laisser, faire un peu de rééducation et surtout se faire confiance.

    @ Tanakia : Oui tu as raison les sens, dont celui de l’orientation. Pas si surprenant quand on y réfléchi, nous avons juste oublié. A force d’être assisté on oublie l’essentiel et quand on se retrouve plus nos outils on est perdu. L’occident possède en abondance le nécessaire, plus le superflu, plus tout le nuisible mais oublie peu à peu l’essentiel.

    @ La Fourmi : Les Chypriotes n’ont pas encore basculer dans notre société de consommation et possèdent encore l’essentiel. Le contraste devrait nous amener à réfléchir sur nos sociétés dites développées !

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