Un débat indispensable : les valeurs

17 janvier 2010 par Fred le Zèbre Laisser une réponse »
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (3 votes, moy. : 5,00 sur 5)
Loading ... Loading ...

Dans nos sociétés occidentales, nous assistons à la fin des utopies, l’affaiblissement des idéaux et la mondialisation de l’économie. C’est évolutions modifient l’équilibre qui prévalait depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les valeurs humanistes issues des religions, du siècle des lumières, de la révolution sont de moins en moins partagées. On assiste à une montée de l’individualisme, des égoïsmes et du besoin de sécurité. Décomplexé, la part d’ombre de chacun prend le dessus sur la morale.

Pour sortir de ce processus, qui rappelle par exemple la décadence de Rome, il est indispensable que nous réinventions, adaptions les valeurs communes héritées des philosophes de l’antiquité, des religions, des philosophes des lumières et des philosophes modernes. Cet exercice est le rôle de la société civile. Il devrait être éclairé par les intellectuels, y compris par les théologues de toutes les religions, et les politiques. Il devrait être encouragé par les politiques et les médias.

Le débat sur l’identité nationale aurait pu être cette occasion, mais c’est une occasion manquée. Tout d’abord, l’utilisation du mot « nationale » positionner le débat sur les différences et non sur l’amour de l’autre qui est la base commune à toute les morales. Ce risque a été amplifié par l’approche du gouvernement : la circulaire de Besson, les propos de Nicolas Sarkozy, les discours des leaders de l’UMP, le débat sur la Burqua. Résultat, un débat non sur l’identité mais sur l’immigration, l’Islam, la peur et la haine de l’autre. Un débat plein de dérapages xénophobes. Même si Eric Besson essaye de dire le contraire, l’analyse du site officiel montre que c’est bien le cas.

Pire, non seulement le gouvernement n’éclaire pas, il décomplexe les français par rapport à leur part d’ombre, il joue avec nos peurs et notre jalousie. Au lieu de nous aider à nous élever et à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous, il flatte nos bassesses. Plutôt que de favoriser notre amour de l’autre et ce qu’il propose c’est la haine de l’autre (Emmanuel Todd). L’utilisation récurrente de l’insulte « droit de l’hommiste » en est l’illustration parfaite. Ce discours populiste, revendiqué, fait honte à la France, à la droite humaniste. Rappelons-nous que Philippe Seguin, dont notre Président a fait l’éloge, avait en son temps soutenu l’abolition de la peine de mort contre sa majorité et la majorité des français. !

Par ailleurs, les médias de plus en plus aux mains du capital n’ont pas intérêt à encourager ce débat. Cela ne fait pas de l’audimat à la différence des faits divers et, comme le rappelait P. Le Lay ancien PDG de TF1, « à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…) Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (…). ». Les médias défendent donc le modèle de la consommation, de l’individualisme en nous conditionnant, nous sommes dans le meilleure des mondes d’Huxley.

Enfin, le débat est censuré, que ce soit sur le site officiel, par le site createurdepossibles.fr et par le Figaro.

Ne doit-on rien faire de ce fait ! Non, en tant qu’acteur de la société civile, nous sommes responsables. Ne rien faire c’est accepté la raison des autres, c’est renoncer à nos valeurs. Le chemin est difficile car le sujet n’est pas porteur, mais l’important n’est pas le but c’est le chemin lui-même. Chaque petit pas est une victoire. Guy Corneau dans « Victime des autres, bourreau de soi-même » considère qu’il est important de ne pas faire d’un idéal un but à atteindre.  Le principal est la mobilisation de l’énergie produite par l’idéal et non l’atteinte de cet idéal « cette mise en action produit une sensation de bonheur bien indépendamment de la réalisation ou non des idéaux projetés. ». Cette vision de la question permet de rester vivant dans l’action, surtout quand les résultats tardent à venir. C’est facile à écrire, c’est pas simple à vivre.

Pour réussir, il faut éviter le piège de l’angélisme et de la stigmatisation de ceux qui ne pensent pas comme nous. Il faut prendre sur soi, comprendre pourquoi l’autre agit comme il le fait. La communication consciente et non violente est indispensable.

Publicité

Laisser un commentaire